
Lorsque nous pensons aux « pays pauvres », nous pensons généralement à la misère, à une population souffrante, peinant à survivre… et donc accablée d’une grande tristesse! Nous avons abordé ces questions avec frère Guillaume, un homme d’une extrême gentillesse et surtout d’une exceptionnelle disponibilité pour les autres! Nous l’avons rencontré lors du tout premier festival destiné aux enfants de la rue, dont il a joué un rôle essentiel dans sa création puis dans son organisation, au côté d’autres associations comme celle du frère Luccio. Il est originaire de Hollande mais habite au Bangladesh depuis plus de trente ans. Après avoir vécu quelques années à Dhaka, il est parti s’installer un peu plus au nord, à 70 km, dans une petite ville appelé Mymensingh. Il s’occupe, là-bas, des enfants de la rue et des handicapés.
Il nous raconta plusieurs histoires qu’il a vécu et qui l’ont aidé à mieux comprendre la réalité quotidienne du Bangladesh. Nous allons en retranscrire deux, deux qui nous semble être très importante pour mieux comprendre ces populations d’Asie. Il faut ajouter que frère Guillaume parle très bien le français et que nous avons ainsi pu converser très aisément.
J’observais une famille de mendiant. Il y avait toute la famille, les parents accompagnés de leurs jeunes enfants. Et je m’aperçus, que je m’attristais pour leur avenir, et que pourtant, eux, avaient le sourire! Ils n’étaient pas triste, bien au contraire! ». Après nous avoir raconté cette histoire, frère Guillaume continua, mais pour cette fois, nous en expliquer les raisons. « Les gens, ici, se comparent entre eux. Prenons pour exemple des enfants de la rue. Et bien, ils ne se comparent pas avec des enfants qui ont la chance de fréquenter des écoles privées, mais ils se comparent avec les autres enfants de la rue. Bien sûr, il y a aussi des riches ici. Et d’ailleurs, en 25 ans, la
pauvreté n’a pas beaucoup diminué alors que l’écart entre riches et pauvres s’est extrêmement accru! Moi, quand je vois un riche, je me demande parfois : où a-t-il bien pu voler tout cet argent… (grand sourire) et bien eux pas du tout. Au contraire, ils les admirent! Ils se disent qu’ils doivent être extrêmement intelligents, car ils ont été à l’école, à l’université, etc… Ils n’ont aucun sentiment de rancœur ou autre. Pourtant, de leurs côtés, les riches ne les côtoient jamais, et même souvent, les méprisent… Il y a très peu d’échanges entre les différentes classes sociales. Alors, les gens pauvres se comparent avec les autres gens pauvres. La situation leur parait donc normale. » Il nous expliqua également que
les gens d’ici ont des « objectifs de vie » peu compliqués, des buts simples que tout le monde peut atteindre. « Par exemple, l’un des plus important, est de fonder une famille. Presque tout le monde y arrive! », nous dit-il. Et donc, du fait de ces raisons, les gens vivent, et vivent avec le sourire ! Ils ne sont pas « abattus » comme nous pourrions le croire de chez nous, bien au contraire ! Frère Guillaume rajouta, que nous occidentaux, nous ressentons toujours le besoin d’ « aider » ces populations… Mais, pour lui, c’est bien le contraire que nous aurions besoin, c’est eux qui pourraient nous aider! Nous aurions de nombreuses choses à apprendre ou bien réapprendre et il termina par un petit jeux de mots: « s’enrichir de la pauvreté »…Nos échanges sont très amicaux et très agréable. Nous sommes dans l’enceinte du monastère Bouddhiste où s’est déroulé le festival pour les enfants. La journée s’est extrêmement bien passée (à lire très prochainement sur le site) et tout le monde respire, car 250 enfants joyeux comme jamais… ça épuise! Il doit être près de 17h car la nuit commence à tomber. Et d’ailleurs, nous terminerons cet entretien en ayant peine à nous distinguer dans cette obscurité de début de soirée. Louis et moi étions vraiment ravi de discuter aussi simplement de ces sujets avec quelqu’un, qui connaît extrêmement bien de quoi il parle! Ce fut vraiment un honneur et un grand plaisirs de rencontrer et d’échanger avec frère Guillaume.
je l’ai vu, j’ai discuté, comme à mon habitude, avec lui. Mais, je ne lui ai pas donné d’argent, j’ai oublié. Et, quelques jours plus tard, il m’attendait, mais j’étais au bout de la rue. Il a couru, comme il le pouvait en raison de son handicap, les mains chargés de bananes! Il voulait me les offrir et me remerciait extrêmement chaleureusement pour avoir discuté avec lui et de l’avoir considéré comme un homme, un être humain! ». Comme le frère Guillaume nous l’avait expliqué précédemment, il y a très peu de contact entre les pauvres et les riches. Et surtout, les gens pauvres reçoivent généralement du dédain en retour… Les gens pauvres des bidonvilles, les mendiants, les rickshaw-drivers et tous les autres, nous considèrent, nous les occidentaux, comme des gens riches, extrêmement riche même! Alors, quand vous vous intéressez à eux, que vous leurs faites des sourires, que vous allez leurs serrer la main, ils se sentent respecter et sont incroyablement heureux et vous le rendent avec de majestueux sourires et des yeux pétillants d’une extrême beauté!
Nous sommes extrêmement heureux d’avoir pu discuter avec frère Guillaume qui nous a, en fait, offert un témoignage de ce que nous vivons, Louis et moi, au quotidien depuis que nous sommes arrivés en Asie! Les gens les plus modestes sont ceux qui sont les plus chaleureux, les plus accueillants, les plus généreux et les plus ouverts! Nous aurions souhaité l’écrire depuis longtemps, mais nous ne savions pas comment l’exprimer… En écoutant notre interlocuteur, nous nous sentions si heureux de voir, que d’autres personnes partageaient nos expériences et nos sentiments vis à vis de ces personnes, qui méritent vraiment d’être respecté à leur plus juste valeur! Dhanebad frère Guillaume !
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9 Commentaires, Commentaire ou Rétrolien
la tante
Frère Guillaume grand merci pour votre sagesse
9 déc, 2008
Simon
Tu continues à me faire rêver Benji…
Vous avez trop raison de nous expliquer ça…. Et pourtant, même démontré, on a un mal fou à comprendre que le bonheur est bien plus simple qu’on le pense…Je pourrais t’écrire l’article contraire pour t’expliquer que, alors que j’ai tout ce que je veux là où je suis, je ne suis pas heureux… (T’inquiète Benji, je termine dans 3 semaines tout ça…)
Merci pour votre témoignage à tous les trois. Bonne route !
10 déc, 2008
m
Si seulement tout ce que vous viviez et ressentiez pouvait faire réfléchir les occidentaux nantis…
Vous êtes de profonds humanistes et cela donne l’espoir d’une société plus juste…
je me souviens avoir dit à …c’est notre pauvreté qui fera ta richesse…depuis il l’a compris…
Frére Guillaume a raison …nous avons beaucoup à apprendre des pauvres( financiérement) car eux ne peuvent donner du palpable …ils donnent leur coeur, leur amour et leur respect…ils sont donc riches de l’intérieur…Merci à vous pour vos témoignages toujours trés riches d’enseignement…
BONNE ROUTE…
12 déc, 2008
m
J’oubliais …trés belles photos qui forment l’ouverture de votre récit…MERCI
12 déc, 2008
paco
Sala walekum!
trop cool de vous lire de 1.sur mon blog, ca fait plaisir et de 2.sur le votre. Ce recit dechire! Je suis bien contente de me sentir moins seule sur ce sujet delicat et pourtant tant discuter avec les autres voyageurs. Les points de vue et les facons de faire de chacun varient mais je me retrouve ds la facon de frere Guillaume et ca me fait bien plaisir de trouver qqn a « ranger de mon cote ».
Nous sommes a Hurghada a quelques heures de notre avion pour Paris.
Je penserai bien a vous pour une fois que je passe noel a la maison. A moi le froooo-mage!!!!!!!! la douche CHAU-DE!!!!!!! et tout ces petits rien auquel on a ete habitue nous les riches occidentaux.
Nouvel an a paris avec la couz!! Ca va faire du bien.
Bonne continuation a vous deux. Nous nous serons de retour sur la route mi janv. retour a la meme place, histoire de ne rien manquer.
Bisoussss d’amour
Masalama
17 déc, 2008
paco
ah oui une dernier truc…. je suis jalouse de vos photos!!!! grrrr vous etes super enervant!!…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………mais bon je vous aime bien qd mm, allez!
17 déc, 2008
Ed
« je suis jalouse de vos photos!!!! grrrr vous etes super enervant!! »
Oui, super et en plus on peut maintenant les agrandire en cliquant dessus.
Cool.
17 déc, 2008
delamarre
je partage les temoignages de frere Guillaume et le votre ..nous nous enrichissons lors de nos rencontres avec les villageois ,nous donnons peu et recevons beaucoup;..beaucoup de nos compatriotes sont surpris et ne comprennent pas …vraiment regrettable
je vous souhaite une annee 2009 riche en rencontres et le succes de votre entreprise..;
je pense souvent au spiti et a vous qui avez enrichi notre mission …
demain c’est la sortie du film..;a tres bientot donc des news
je vous embrasse
enjoy your year
marie odile
4 jan, 2009
Alix
Merci pour ce petit article qui me fait bien plaisir : si vous vous souvenez je suis la française que vous avez croisée lors de cette fameuse journée à Dhaka avec les enfants de la rue… et qui travaillait avec frère Guillaume ! De retour en France maintenant, j’essaye de faire comprendre que la pauvreté n’est pas desespérée ni désespréante au bangladesh… Et ça devrait nous servir de leçons !
Bonne continuation dans votre projet, et si vous avez l’occase d’aller à Mymensingh voir la joie des handicapés avec qui les frères travaillent, je pense que ça vaudra le coup !
5 jan, 2009
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