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Ça y est enfin ! La température du thermomètre indique 15°c ! Il était tant pour nous d’enlever nos épluchures et de se mettre en tee-shirt ! Le seul problème, c’est que désormais, il nous faut transporter nos sacs passés en mode hiver (2 fois plus gros, 2 fois plus lours) ! Enfin bon, quel bonheur de retrouver un vent tiède et agréable caressé notre peau et un ciel bleu décoré de petite tâche blanche : c’était tout simplement magnifique ! Nous étions si heureux de pouvoir reprendre notre moyen de transport préféré que le sourire nous remontait jusqu’aux oreilles ! C’était parfait, l’Iran Projekt pouvait désormais bel et bien commencer !




Mais pas si vite… Après deux bonnes heures d’immobilisme, nous avons déchanté… les voitures qui s’arrêtaient à notre hauteur nous demandaient toutes une somme collossale pour les quelques kilomètres que l’on souhaitait faire… (autant que pour faire 1000 km en bus !!!). Alors nous nous sommes décidés à prendre le bus… Le stop, ici, apparemment ça n’existe pas et il n’y a pas moyen de céder à ces gens qui s’improvisent taxi en vous voyant !! Nous avons persévéré une dernière fois… au cas où… et comme par enchantement… cette voiture nous proposa de nous emmener ! Ils étaient quatre à l’intérieur et deux dans la remorque. Nous leur avons demandé de nous déposer à Gahi, le premier village indiqué sur notre carte.


Ils nous ont déposé au-milieu du village, devant l’école élémentaire. Tout étonné de nous voir devant son école, un instituteur est venu nous voir (Reza). Bafouillant trois mots d’anglais, il nous invita à boire le Tchaï dans l’école. Nous avons refusé en lui expliquant que nous voulions rejoindre Hadekan (petit village situé à 70km d’ici) avant la tombée de la nuit.


Mais avant nous voulions voir la mer ! En effet, nous étions impatient de découvrir le Golfe Persique ! Après avoir marché 200 mètres pour sortir du village, un grand espace sauvage s’offrait à nous. Une fois sur la plage, nous sommes restés assis en silence en contemplant ce magnifique paysage ! Puis nous nous sommes regardés et avons décidé de rester ici pour passer la nuit ! Il n’était pas très tard… mais pour être à l’aise et ne pas peiner du froid à la nuit tombée, nous avons ramassé du bois, monté notre camp de façon à s’abriter du vent, et enfin déballé nos affaires. Nous voulions nous coucher tôt et ainsi se lever et partir tôt pour poursuivre notre route.




Mais le destin en a décidé autrement ! Une fois la nuit tombée, trois jeunes nous ont rejoint. Nos discutions furent sommaires (noms, âges, french and not married…). Mais peu de temps après, une nouvelle personne s’est joint à nous. Il s’agit d’Ali, le deuxième instituteur de la petite école du village, qui parle un peu mieux l’anglais… Il a été averti que deux étrangers campaient dans les dunes. Il nous a apportés un gros pochon de nourriture (du pain, une boite de légume faite maison et pour ravir Ben, du poisson frais). Installés en discutant autour du feu, Ali nous appris qu’en plus de son métier, il pêchait avec un ami, que tout le village surnommait « Capitaine ». ça nous parrut vraiment intéressant ! Nous avons donc décidé de lui raconter notre projet. Nous lui expliquons que nous nous intéressons à des gens comme lui et que nous aimerions donc le filmer ! Pas de problème, il nous donne rendez-vous le lendemain matin pour aller pêcher !







Levée à 07.00, nous nous sommes levés vitesse grand V car Ali nous attendait déjà ! Nous avons fait quelques plans, mais sans plus, de façon à ce que les gens s’habituent à nous et à la caméra. Nous voulions qu’ils comprennent bien que nous n’étions pas là simplement pour filmer mais avant tout pour partager des moments humains. Vers midi, Ali nous invita à déjeuner chez lui et à y déposer nos énormes et encombrants sacs ! Nous avons fait connaissance de sa femme et de ses deux enfants, un adolescents de 15 ans (Morteza) et une fille de 12 ans (Mina). Après un généreux repas, il était déjà l’heure pour Ali d’aller retrouver ses écoliers. Les enfants étaient tout surpris mais très heureux de voir des étrangers dans leur école. A notre grande surprise, les enfants étaient extrèmement sage et adorable !


Ali, très gentilment, avait appelé un ami, parlant impeccablement l’anglais, pour nous aider à réaliser nos interviews. Mais ce dernier informa Ali qu’il était formellement interdit de filmer ici sans avoir au préalable une autorisation. Très troublé, Ali nous demanda d’effacer toutes ces images ! Nous étions tous très déçu car ce sujet était extrèmement intéressant et les images magnifiques ! Il n’y aura donc pas de partie relatant des écoles Iraniennes dans notre film… Il nous fallait donc réécrire notre script…


Ali a appelé un autre ami, le professeur d’Anglais de Morteza, Alizade, pour nous venir en aide. Celui-ci accepta de nous aider et il se donna à fond ! Bien que malade, il a travaillé des nuits entières sur nos traductions ! Nous lui devons une fière chandèle… Un grand merci !!!


De retour chez Ali, il nous proposa de dormir ici. Nous étions d’accord d’y manger mais pas d’y dormir car nous ne voulions pas les déranger. Mais après de multiples invitations, nous avons finallement dû accepter cette nouvelle et généreuse proposition !




Le lendemain matin, nous sommes partis pour filmer en action le fameux capitaine Azraal. Mais par manque de chance, le temps n’était pas de notre côté. La mer était déchainé, les pêcheurs sont donc restés chez eux ! Nous nous sommes retrouvés seuls sur la plage avec comme seule compagnie, un bon vent bien frais et un bateau en construction où nous nous sommes abrités. En effet, Ali #2 construit des bateaux en bois destinés à transporter des marchandises à travers le Golfe Persique (Dubaï, Oman, Qatar). C’était assez atypique pour que nous décidions d’y consacrer une partie de notre documentaire ! Vers midi, Morteza est venu nous chercher pour le déjeuner mais nous emmena à la mosquée. Nous avons découvert que le village était en fête ! c’était l’Achura, la mort du martyr Imam Hussein ! Cette commémoration dure 10 jours pendant lesquels l’ensemble du village déjeune et dine à la mosquée. Nous y avions donc été convié tous les jours. Chaque soir, au moment du prêche de l’Imam, lorsqu’il chantait, les gens sanglotaient la tête cachée au fond de leurs mains… c’était très émouvant ! Nous étions très touchés du fait d’une telle intensité ! Ce sera la dernière partie de notre « Iran Projekt’eur ». Un jour, ils nous ont dit que ce n’était pas un hasard si nous étions ici en ce moment, mais c’était parce que l’Imam Hussein nous a fait l’éloge de nous inviter ! Nous étions connu par l’ensemble du village (environ 500 habitants) et surtout, acceptés de tous !!


[petite anecdote… Plusieurs fois, il nous est arrivé de plaisanter sur le fait que nous, occidentaux, nous pensions que les Iraniens étaient des terroristes ! ça les faisait rire de voir que nous pouvions être aussi naïf !! Ils nous ont remercié plusieurs fois sachant que nous allions démentir ces propos ! …fin]


Nous sommes restés 15 jours et ce fut 15 jours magnifiques, 15 jours de partage, d’amour, de rire et même de pleure ! Encore un moment inoubliable de notre « Asian Projekt »







Cet article a été posté le Vendredi, 22 février, 2008 à 8:26 • Par .
Catégories: Carnet Iran.

3 Commentaires, Commentaire ou Rétrolien

  1. Ed

    Ben n’aime pas le poisson ? :-)
    Bises.

  2. H A S

    X M 5

  3. Simon

    Préssé de voir le Iran Projeckt… Vous nous mettez une bonne claque qui nous réveille un peu de ce que nous raconte l’actu sur l’IRAN..

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